Troisième oeil

Je suis partie en Asie

Voyager sur des terres asiles

Et mon esprit sénile

Est en stand-by

Pays de l’Est ou du Nord

Routes glacées

J’ai laissé au port

Mon vieux voilier

Je suis perché à l’Ouest

J’aime pas trop

Les raz-de-marée

Alors je t’ai zappé

​J’attendrai que la pluie coule

Pour pleurer

Puis si je me saoule

Pour t’oublier

C’est ma tactique

A chacun ses techniques

J’ai même plus la trique

On s’ennuie

Quand on se quitte

Mon visage fait flipper

La peau se fissure

On dirait une vieille gravure

J’ai des cicatrices

Nées de blessures

« T’es trop loin dans ta matrice »

Oui mais j’assure…

Ou bien j’assume

La fumée de l’herbe

Qui vient fumer ma peine

Est comme le film la haine

La fin fait pleurer

Je reste sur ma fin cartonnée

J’me suis brulées les lèvres

En m’éloignant de tes lèvres

Je suis sans vêtements

Sans papiers sans repères

J’ai envisagé de changer

de continent

Mais je manque d’élan

Mes semelles sont trouées

Ça fait un look vite fait

Mes souliers sont niqués

Et je me suis un peu niqué

A force de niquer

Des esprits vidés

Mon esprit le vider

Puis arrive le moment 

Où t’es paumé

Ensemble toi et moi

Si tu veux encore de moi

On peut refaire le monde

Trouver un sens à la vie

Ou bien s’éloigner de la foule

et puis du monde

Je dessine les plans d’une fusée

Un vaisseau spatial armuré

Je fais des tags dessus

Pour se mélanger

Aux débris de la rue

Viens je te mettrai toute nue

Dans les catacombes

De mes basses ombres

Je te laisserai pas perdue ici

Dans ce bordel de microbes

Ou bactéries

Je nous catapulte sur Mars

Ou bien Vénus

On peut aller de l’un à l’autre

Au pire y’en a plein d’autres …

Des planètes

Jusqu’à te ruiner la tête

Tu es ma seule planète

Je veux près de toi

devenir stupide et bête

oublier cette vie

on s’ennuie ici

Le seul visage que je peins

Reste le tiens

Et je me suis mis en retrait

Afin de le voir moins

C’est à force mourir

en ruminant

Des souvenirs ruminés

Comme des espoirs ruinants

Et mon coeur est ruiné

​​

Je danserai en toi

Sur les parties dévoilées

De ton âme sensible

Et les aspects écorchés

De ta parure futile

Je t’en défait et te libère

Je danserai sur ton air colère

Ou meurtri d’être si fière !

Où les mots sont inaccessibles

Et les gestes barrières

Tu peux te brûler les ailes

à te perdre en les cieux

Ou décider d’en mourir aussi !

Sous les lunes aveugles

sur les routes noires

Avancer à l’aveugle

Je suis en doré

C’est en habits lumière partout

et j’ai adoré

Ta salive partout

Je suis échappé des nuits

Pour mieux t’entendre

Encercles moi!

Attaches moi!

Laisses moi en captif inconscient

Je resterai perdu en songes

Dans les abysses du monde

J’ai moi aussi

voyagé sur les sentiers ternis

De vos orgueils aliénés

Et mes espoirs si souvent

détruits

M’ont lacérés le dos

Je manque de mètres de peau !

Je suis tous les enfermés malades

Dans des discours de rêves alarmes

On a tué mon coeur

à coups de fusils

Dans les mots durs et abasourdis

D’un être inquiet ou blafard

Qui depuis est rongé par son cafard

Mais moi

Je te mettrai sur ma monture

Pour te soutenir !

Te hisser en héros

Et je ferai de ton corps blessé

Oui même de ton halo

Un décor orageux

Doré ou vert

Et si tu restes amer

A te tailler la langue de grands cris

En culpabilité que tu fuis

Ne crains plus le gel ou les étoiles

Et si tu perds dans le ciel ton étoile

Je t’en dessinerai d’autres

Et je ne te dirai plus tu mais Votre

En grand supplice admiré de loin

Comme un écueil qui brille en vain  

Et les vagues claquent en marées

pour que ta bouche puisse se marrer

Ou seulement rire

Un sourire esquissé à me punir

Tu es de sang ou de muscles

Si palpable

que ça me brusque

Si vrai que je semble un rien

Un bout du sol sous tes talons

Tu me piétines à chaque non

Ou bien sous les grands râles

Que font tes fantômes

Lorsque tous ils me parlent

Ces mots que tu n’oses me dire

Si tu crois connaître le destin

ou l’avenir

Si la vie est un festin

A te perdre en tes effluves

D’absinthe ou de vin pourpre

Que tu ne vois plus très bien

Les contours de mes mains

Qui viennent cueillir tes larmes

Fond blanc sur noir

Pour dire ce qui est caché

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