Je suis partie en Asie
Voyager sur des terres asiles
Et mon esprit sénile
Est en stand-by
Pays de l’Est ou du Nord
Routes glacées
J’ai laissé au port
Mon vieux voilier
Je suis perché à l’Ouest
J’aime pas trop
Les raz-de-marée
Alors je t’ai zappé
J’attendrai que la pluie coule
Pour pleurer
Puis si je me saoule
Pour t’oublier
C’est ma tactique
A chacun ses techniques
J’ai même plus la trique
On s’ennuie
Quand on se quitte
Mon visage fait flipper
La peau se fissure
On dirait une vieille gravure
J’ai des cicatrices
Nées de blessures
« T’es trop loin dans ta matrice »
Oui mais j’assure…
Ou bien j’assume
La fumée de l’herbe
Qui vient fumer ma peine
Est comme le film la haine
La fin fait pleurer
Je reste sur ma fin cartonnée
J’me suis brulées les lèvres
En m’éloignant de tes lèvres
Je suis sans vêtements
Sans papiers sans repères
J’ai envisagé de changer
de continent
Mais je manque d’élan
Mes semelles sont trouées
Ça fait un look vite fait
Mes souliers sont niqués
Et je me suis un peu niqué
A force de niquer
Des esprits vidés
Mon esprit le vider
Puis arrive le moment
Où t’es paumé
Ensemble toi et moi
Si tu veux encore de moi
On peut refaire le monde
Trouver un sens à la vie
Ou bien s’éloigner de la foule
et puis du monde
Je dessine les plans d’une fusée
Un vaisseau spatial armuré
Je fais des tags dessus
Pour se mélanger
Aux débris de la rue
Viens je te mettrai toute nue
Dans les catacombes
De mes basses ombres
Je te laisserai pas perdue ici
Dans ce bordel de microbes
Ou bactéries
Je nous catapulte sur Mars
Ou bien Vénus
On peut aller de l’un à l’autre
Au pire y’en a plein d’autres …
Des planètes
Jusqu’à te ruiner la tête
Tu es ma seule planète
Je veux près de toi
devenir stupide et bête
oublier cette vie
on s’ennuie ici
Le seul visage que je peins
Reste le tiens
Et je me suis mis en retrait
Afin de le voir moins
C’est à force mourir
en ruminant
Des souvenirs ruminés
Comme des espoirs ruinants
Et mon coeur est ruiné
Je danserai en toi
Sur les parties dévoilées
De ton âme sensible
Et les aspects écorchés
De ta parure futile
Je t’en défait et te libère
Je danserai sur ton air colère
Ou meurtri d’être si fière !
Où les mots sont inaccessibles
Et les gestes barrières
Tu peux te brûler les ailes
à te perdre en les cieux
Ou décider d’en mourir aussi !
Sous les lunes aveugles
sur les routes noires
Avancer à l’aveugle
Je suis en doré
C’est en habits lumière partout
et j’ai adoré
Ta salive partout
Je suis échappé des nuits
Pour mieux t’entendre
Encercles moi!
Attaches moi!
Laisses moi en captif inconscient
Je resterai perdu en songes
Dans les abysses du monde
J’ai moi aussi
voyagé sur les sentiers ternis
De vos orgueils aliénés
Et mes espoirs si souvent
détruits
M’ont lacérés le dos
Je manque de mètres de peau !
Je suis tous les enfermés malades
Dans des discours de rêves alarmes
On a tué mon coeur
à coups de fusils
Dans les mots durs et abasourdis
D’un être inquiet ou blafard
Qui depuis est rongé par son cafard
Mais moi
Je te mettrai sur ma monture
Pour te soutenir !
Te hisser en héros
Et je ferai de ton corps blessé
Oui même de ton halo
Un décor orageux
Doré ou vert
Et si tu restes amer
A te tailler la langue de grands cris
En culpabilité que tu fuis
Ne crains plus le gel ou les étoiles
Et si tu perds dans le ciel ton étoile
Je t’en dessinerai d’autres
Et je ne te dirai plus tu mais Votre
En grand supplice admiré de loin
Comme un écueil qui brille en vain
Et les vagues claquent en marées
pour que ta bouche puisse se marrer
Ou seulement rire
Un sourire esquissé à me punir
Tu es de sang ou de muscles
Si palpable
que ça me brusque
Si vrai que je semble un rien
Un bout du sol sous tes talons
Tu me piétines à chaque non
Ou bien sous les grands râles
Que font tes fantômes
Lorsque tous ils me parlent
Ces mots que tu n’oses me dire
Si tu crois connaître le destin
ou l’avenir
Si la vie est un festin
A te perdre en tes effluves
D’absinthe ou de vin pourpre
Que tu ne vois plus très bien
Les contours de mes mains
Qui viennent cueillir tes larmes
Fond blanc sur noir
Pour dire ce qui est caché
