En contournant Qingdao Shanghai Ningbo
J’ai volontairement photographié la Chine et ses usines en couleurs car j’avais la volonté de les inscrire dans le présent. Je ne souhaitais pas que ces visages et que ces paysages puissent être attribués à une autre époque que celle que nous vivons actuellement. Je pense que les couleurs qui habillent ces personnes et ces villes sont le reflet d’un aspect de notre civilisation et de notre industrialisation.
C’est dans ces villes, ces usines et avec ces personnes, que j’ai ressenti plus que jamais le besoin de voir, d’immortaliser et de souligner ces éclats de couleurs, de nuances et de lumières qui venaient souvent confronter le quotidien et la pauvreté, mélangés, rencontrés..





































En partant de Tsingtao…
J’ai contourné les hautes villes
Tout pour atteindre les sentiers et quitter les paillettes
Celles des grandes illusions qui brillent
Fuir l’abondance en éclat
En excès
Je suis passée par les zones malmenées
Industrielles
Des usines de tout, des usines maisons
Parce que les gens y vivent aussi
Et les enfants
Autour ce sont des ateliers de soudure
On entend le chant des outils de fer
Nulle place pour l’imaginaire
Ce ne sont pas des villes où le bruit des voix résonne,
Personne ne parle,
Ici on travaille.
Sur leurs visages ridés, déjà,
J’ai pu accidentellement
Involontairement
Générer ce sourire qui fait la différence
A Ningbo
Là-bas, de longues usines grises, encore.
Elles recrachent leurs poisons
L’eau est verte et saccagée
On me sourit
On me suit
Les rues sont vides, désertes
La poussière qui danse voile le paysage
Le ciel est gris
Les chiens sont maigres
Attachés
Affamés eux aussi
Les gens vont à contresens
Silence
Les paysages au loin semblent arides et j’ai cette sensation de perte d’équilibre
Seule
Shanghai de l’autre côté de la rive
Le dos aux buildings dorés, je me suis perdue dans l’ancienne ville
Là où les choses semblent plus réelles
Plus sensibles
Là où c’est usé, comme oublié du reste du monde
Les maisons ne dépassent pas deux étages
Les ruelles sont étroites
Tordues
Les boutiques s’illuminent de néons et tout semble vieilli
Brouillon
Le communisme, toujours de garde au coin des impasses,
De grands édifices à la gloire de Mao illuminent ma route…
