Parle moi de toi
Comme tu parles du monde
Comme les savants d’antan
Ayant juré contre leurs temps
« Oui, la terre est ronde.. »
Parle moi de nous
Comme un fleuve sans fin
Il s’écoule et traverse la terre
Pour n’être qu’un rien
Parle moi des lacs où l’eau,
Immobile
Reste suspendue
A jouer les funambules
Parle moi de l’été qui vient
De la vie,
Comme elle passe
On en tourne les pages
Et la mémoire fugace…
Alors parle moi de nous
Comme nous sommes éternels
Les corps se meurent
Mais l’âme est une rebelle
Parle moi de tes révoltes!
Comme tu parles de tes peines
Parle moi aussi de nos vieilles querelles
Pour me dire la beauté
Que c’est de s’aimer
*
*
J’ai traversé l’espace
Et les planètes lointaines
Elles ont laissé sur moi des traces
Et de lourdes peines
Je me suis imaginé, usé
Pris au piège
D’une prison reculée, dorée
Où le silence m’assiège..
J’ai traversé le soleil
Et suis entré en effusion
J’ai même traversé la lune
Elle m’a fait penser à toi
J’ai marché les sables en dunes
Et j’ai encore,
Pensé à toi
J’ai joué au cascadeur
Dans un monde sans lois
Et j’ai cherché un peu de grandeur
Dans des autres,
Qui n’étaient pas toi
Mais les astres me ramènent
Comme un chien errant
Près de la maison de mon coeur
Un peu vieilli,
Titubant
Attaché au sol,
Comme les racines des bambous
Près à me déployer en vol
Pour m’éparpiller vers nous
Je lève les yeux, qui peinent à s’ouvrir
Vers les cieux, où j’hallucine
Je te vois frémir
Et je t’imagine, trembler en gouttes
De sueurs, la peau couverte
Les pupilles transparantes,
sans un seul doute
Lorsque la pluie coule
Pour me faire pleurer
Je me dis que c’est un peu de toi
Qui du ciel,
Vient me chahuter
Et je joue à l’enfant, celui oublié
Ce petit être,
que j’avais dans un geste
Laissé
Je le retrouve et je l’imite
Lorsque j’avais quatre ou cinq ans,
Je n’avais aucune limites
J’ouvre les lèvres, pour manger l’eau
Qu’elles soient comme la sève,
De ton prénom,
Que je trouve beau
*
*
*
Et si le jour me ramène
A la froideur du monde
Que je suis reculé, blême
A fuir les foules, le monde
Je voudrais alors être de magie
Jouer avec mes doigts, faire comme si
Créer des espaces temps,
Qui n’existent pas
Là bas, on aurait le temps
Pour être des hors la lois
*
*
*
La bougie meurt,
Dans une danse aliénée
Prāna
On regarde la cire,
Fossiliser
Préhistoire
Et naissance de tout
Il y a d’étranges histoires
Qui nous feraient presque
Passer pour fous
*
*
*
*
