Ivresse

L’ivresse porte deux jambes
Sur un buste d’homme
Il s’élance sur le quai et tremble
Sous la lune berçant les Hommes 
Pour quelques esprits qui dorment 
Dans un état second
Ils ne voient pas ce grand homme
Valser en état second
Mais lorsque le vin touche le crâne
Comme à percer le front 
Voilà! Le capitaine portant son âme
Comme pour partir au front
De ses vapeurs pourpre
S’élèvent, à détrôner la proue
Des idées idéales
À nous conter ses nuits estivales
Pour imaginer le plus beau
Le plus doux le plus grand
De tous les étés du monde
Puis faire le tour de la mappemonde
S’ancrer en des lieux insolites
Se ruiner les poches au fond de criques
Partir à l’aventure! 
Oui car abrité sous l’ivresse, 
se cache un cœur voilé d’une armure
C’est un coffre qui se déploie
Hurle et cris, de peur qu’on ne l’entende pas!
Mais lorsqu’il se laisse faire 
Par les troubles de la mer
Alors il s’écrit, il s’extasie! 
 »Ha regarde! Comme la lune est belle cette nuit! » 
Puis il s’éclipse
Dans un rire fou ou complice
Histoire de faire une trêve  »oui tu sais, pisser dans le sens de l’air! »
Histoire de faire une halte
Dans un discours qu’il offre, en hâte 
L’ivresse s’étire sur deux jambes
Elles se dessinent ou se cambrent
Ceux, restés sur les flots
Regardent s’éloigner l’homme et les mots
Avec son ombre qui le devance 
Dans une intime et sensuelle danse
*
Dans un murmure discret, presqu’un silence 
Je me dis, enfin plutôt je pense
 »Ah! C’est donc ça la vie! Ces instants de pure sincérité d’autrui..! » 
*
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