Lune d’or

Lune dorée
S’étire en nuit, toute mouillée
Et les amants couverts de pluie
Sont toujours endormis


Lune solaire
S’amuse à avoir l’air
Et dans un battement de cil
Elle fait voler les abeilles
C’est une danse jaune,
dans toute la faune!


Hypnotisé


Pollen sur ses lèvres
En emprunte de sève
Lisse sa bouche gercée


La lune est toute dorée


Lune d’or
Les amants se disent
« A la vie, à la mort! »
Et les guitares sont désaccordées
C’est un morceau venu des îles,
l’été


Traînant un pas silencieux
L’amant s’éloigne du feu
Il prend de la distance
Questionne la lune, « à quoi tu penses? »
Traînant son corps endolori
L’amant s’approche d’une lune étourdie
Dans un baiser informel
Il lui dit comme elle est belle


La lune est une rebelle
Elle se peint le visage de mots
Dans sa violente gestuelle
Elle reste inerte,
et c’est beau


Figée, attachée à la mer
Par ses chevilles horizons
Elle s’élève, foule la grande mère
Et pense « viens, garçon! »
La lune est d’or
Comme un bouquet séché
Elle sent la vie, la mort
Je tente de la toucher


Eclipse sans heure
La lune cache son corps
Se couvre de feuilles d’or
Et comme une icône romaine
Elle se joue en notes sereines
Entre ses dents, sont cachées des insultes
Elle rit, se fiche des mondes incultes


Lune dorée
Les pupilles sont dilatées
A s’étendre jusqu’à la voie lactée

*

Le soleil s’est évanoui
Il a perdu la raison
Le voilà tout affaibli!
La lune, 
lui indique la maison


Maintenant le soleil est perdu
Il la laisse faire sa ronde d’ingénue
Puis si la lune, s’en va flâner ailleurs
Les étoiles se chamaillent


Tout le ciel est désoeuvré


La lune est indomptable,
le soleil est usé!

Il insiste, dans un geste frustré!
Le soleil voudrait l’agripper
Mais la lune danse l’espace
Elle le rassure, « aucune menace… »


Le soleil sent la nausée
Elle monte en sa gorge, l’étouffer
Il gémit, râle quelques satires
Sa peau se crispe et s’étire
Et il s’attire, les foudres des cieux


La lune douce, l’invite en ses creux
Pour des caresses plaisir
Mais le soleil est un curieux,
veut la saisir


La lune coule l’or des Hommes
Elle est une satire
C’est un théâtre en mille actes
Qui se ment pour de faux pactes
Et si la lune glousse et rigole
Le soleil, pleure le monde en rigoles


Cocktail lunaire
Citron pressé au bord du verre
Un peu de vanille en gousse
Adoucit le soleil en colère
Et la lune lui dit, en un discret recul,
« Aller, c’est ridicule! »


Satire sans son
La lune est capricieuse
Un jour femme, l’autre garçon
Et le soleil, s’en gratte le menton
A force d’ongles aiguisés
Le soleil est tout égratigné


Et la nuit est sans fin
La lune est sans lendemain
Elle couvre de ses deux mains le visage fiévreux,
d’un soleil maladroit
« C’est vraiment parce que c’est toi… »

*

La lune porte des cuissardes
Comme des sabots
Elle est couverte de cuir
Et sur ses hanches, 
un paréo


La cuisse en tension
Comme pour jaillir
La lune claque ses talons
Et se met à rugir


Le soleil est inquiet


La lune porte des plateformes
Pour prendre de la hauteur
Elle se déguise, se transforme
Pour mieux décorer sa chaire
La lune dénuée de chaleur,
avec le soleil, font la paire!


Lune blanche, elle crie
Lune franche, s’insurge!
Les Hommes sont sans esprit!
Ils partent en conquérants
Piétiner la lune d’un pas de géants!
Mais la lune est si sensible,
elle se sent assiégée
Elle leur dit « à force, c’est pénible! »
De ne pouvoir se reposer…

Lune pâle, elle s’éloigne
De la terre, des êtres qui l’empoignent
Elle devient solitaire, mime les hauts glaciers
Et le soleil voudrait la consoler

La lune porte des cuissardes
Sur ses jambes de motarde
Elle est striée comme le marbre
Et de ses bottes aiguilles,
la lune forme des croix sur la Bastille


Et sur son corps,
un paréo

*

Le jour ne viendra plus
Le coeur ne bat plus
Le corps, ne vibre plus
Et la lune est têtue


Le jour ne parle plus
Et le coeur est silencieux
La lune se débat avec le feu
Et le soleil, est ému


Les ondes blanches
D’une lune sans masque
Font briller ses hanches
D’une robe dorée


La lune est belle, ainsi parée
La lune est paréo
Elle se plisse en légers reflets d’eau
Et le soleil,
se sent de trop


Face à tant de lumière
Le soleil se laisse faire
Et il se dit, un peu fébrile
Que pour briller, la lune sait mieux faire!
Le soleil ne veut plus faire la guerre!
Et la lune est paréo


Terrible, la lune est parée d’eau
Terrifiante
Ses rires sont des fléaux
Son rire fait des halos
Et le soleil joue les héros


Et les mers montent en nuages
La lune est en nage


Et la lune, du monde, est en marge





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