Silence

Elle est venue dans un silence
Comme la nuit nous enlace
Un rêve qui prédit l’absence
Une nuit qui ne s’éveille pas
La silhouette de ses hanches
Projetée sur les voiles volants
Aux carreaux battus par le vent
Dans un sursaut, m’a secoué

Elle est venue dans un silence
Comme si l’absence avait un goût
Une saveur amère et dense
Sentir la pâleur de son cou
En pauvre fou des avalanches
Dévalant mes draps de coton
Pensant atteindre la lèvre ou le menton
Y déposer un geste tendre
Sur son visage,
lorsqu’elle se cambre

Elle est venue dans un silence
J’ai appris à goûter la pluie
Pensant qu’à chaque goutte qui danse
Je rêverais la belle de nuit
Sur le toit de tôle où riment les orages
Je l’imagine taper des pieds
Comme lorsqu’elle danse en nage
D’un rythme qu’elle peine à respirer

Elle est venue dans un silence
Une main tremblante, pour l’approcher
Le visage maquillé de cendres
Mimant la nuit, d’un noir de jais

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