A l’Est


Tu t’éloignes mais tu reviens
D’une syllabe qui se chasse d’une main
Un silence qui patiente
Entre deux dents décollées
Le bonheur est au bout de la langue
Quand le palais claque d’un verbe décoré
Sur la salive où voguent puis tanguent
Un peu de rimes serbes
Il est
Venu de l’Est en étranger
Le visage dessiné de rêves ravagés
La fumée semble décorer d’un mégot
Les narines chahutées de goudron
Qui s’ouvrent mais se replient vers le front
Où signe en gouttes le doute
D’une sueur qui tâche l’écharpe en plis
La gorge rattrape une déclaration sage
Qui s’éloigne dans le grand Est sauvage