L’absente

Le dos jeté en arrière. Comme s’ouvrent les ailes d’un cyclone fou.
Sa peau a touché le feu de la terre, guettant le bruit qui patientait de cogner le cou.
Elle n’a plus pensé à la mer, vague pays qui lui manquait, brisant le corps d’un air fier, éprise d’une proie que l’on ne peut libérer.

La gorge nouée d’un son qui se refuse à naître, les mains attendries de voir le ciel se lever, touchant la cuisse pour se sauver, mimant le cœur qui s’est éteint.

L’absente déjà, reine du temps, prenant place sur la marche de vie, piétinant l’âge qui se réduit, frôlant l’amour d’un râle lent.
L’absence, unique prétendant, un cri qui s’essouffle d’être déjà mort, un masque de théâtre qui se déchire, une paupière qui pleure le temps.

Du monde.

Elle s’est enfuie.