Le bateau tape et se cogne à la mer Dans un vacarme d’outre-mer Voici le vent qui s’engouffre dans les voiles Et les mâts chantent des rumeurs d’étoiles
Dis-moi ciel ! Dis-moi que la manille est forte ! Qu’elle frappe au pont mais que la soudure l’emporte ! Dis-moi que la nature n’est pas en colère La tempête ne serait qu’une passion, entre le vent et la terre
Les astres s’organisent comme chaque nuit Je lève vers les cieux un visage endormi La grande ours brille pour me bercer le cœur Le bateau tangue, roule, et j’ai presque peur Les drisses se débattent pour rester au front La coque est tenace de toutes les façons
Dans une danse marine, les vagues embrassent les encres solitaires Et le silence n’existe plus On se demande si la brise chanta un jour Si la douceur de l’air n’était pas illusion Le bateau se débat et résiste Avec le sel, entre en collision
Mais l’univers tout entier peut souffler Et la tornade s’immiscer Des tsunamis devenir monstres Ou la pluie se changer en grêle La barre s’accroche et nous le montre, nous sommes immortels
Le navire nous rit au nez Il ne subit pas les rafales, il se moque des siphons Les créatures de l’eau peuvent gémir à l’unisson Les rapaces faire l’ombre en rondes ailées Le tonnerre peut hurler ou gronder Le bateau ne cessera de vibrer Et si l’eau s’amuse à noyer les hublots Pour aussitôt se jeter dans les flots La rivière ondule et se lamente « C’est que depuis des jours, il vente ! » Entre deux rafales assoiffées L’ode à l’amour du bateau Continue de siffler
Le vent s’empare d’elle Elle s’élance dans les vagues déchaînées La sueur se mêle à la mer Pour son visage, l’assiéger . La nuit a duré ce jour Pour faire de l’ombre au soleil La lune a pris tout l’espace Et le sable est en grandes traces . Le vent fait valser l’écume Comme des danseuses blanches La crique est couverte de brume Et dans les eaux, elle flanche . Le corps n’a plus de peau : La peau est un monde salé La bouche n’a plus de mots : Ils sont en vagues chantées Les nuages n’ont plus de formes ! Ils sont en masse épaisse . Le ciel, étouffé de partout Descend sur ses seins, vers son cou Elle s’élève dans un Atlantide lointain Pour se souvenir de la Manche alerte Les marées, elle les maîtrise d’une main Pour les jeter sur la terre verte . KALI Déesse des mondes engloutis Voix des dieux en son torse Paumes de feu pour dompter les forces . Mêle à son déhanché Un peu de poussière de fées
Caresser ta nuque Comme si c’était le seul horizon qui me restait Descendre le long de ton dos Comme à tâtons sur les nuages Parfois c’est flou Des courbes où je nage… . Zoner un peu chez toi dans toi Embrasser tous les bouts de toi Chercher là où d’habitude je ne vais pas Côtoyer des nouveaux espaces Passer sans laisser de trace Dompter ton souffle pour mieux l’entendre Être certaine des notes et de ce qui résonne Suspendre toutes les horloges du monde . Partout où j’irai, je te parlerais pareil Partout où j’irai, je te toucherais pareil Ici à contre temps des mots que l’on sème Ici c’est toutes les langues pour te dire que j’aime . Toute la beauté sur toi Tous ces détails de toi Ceux que tu sais, puis ceux que je vois moi
La marée monte, et les bouts s’étirent Tel un muscle qui se tend puis se tire Le bateau est un corps Il vit les vagues et les vents Comme si c’était des sentiments
Le souffle de l’air est glacial Et personne ne nous entend Le bateau tangue et se décale Pour retrouver un peu d’élan
La terre est loin, comme perdue à jamais Et les sables ont blessé la peau La mer, dans un silence se soumet
Berce le bateau
C’est le ciel qui fait secouer les os Ceux qui sont fait de cordes sur le toit De loin on pense aux ailes d’un oiseau Mais ce n’est que les mats de bois
La pluie s’invite dans le cockpit Pour faire monter les crues Le sel se noie et se mélange A l’eau douce d’un nuage dévêtu La peau rougit et me démange Je ferme les yeux
Aveugle tout est noir et plein de foudres Le décor semble un trou noir à recoudre Et le sol est devenu le ciel Et le ciel s’est confondu avec l’eau Sur la rivière passe une barque, un petit bateau
« Où suis-je? »
Traversée des grands Mondes Il n’y a pas âme qui vive Ici, la terre n’est pas ronde
« Ici la terre est gercée » Comme une peau vieillie La mer est toute apaisée
Dans un silence, elle reprend vie
L’écume se jette sur les vitres Et le sel graisse les hublots Je m’écris « Viens, rentre vite! » Te mettre à l’abri, au chaud
Les frissons font grelotter Les habits tous mouillés Les verres sont embués
Et je souffle le chaud, pour éteindre le froid
Le bateau glisse sur l’eau Pour prendre soin de moi Lorsque la tempête nous assaille Pour dire la vie en représailles Sous une voile repliée, épargnée Je me suis secrètement abritée
Lune dorée S’étire en nuit, toute mouillée Et les amants couverts de pluie Sont toujours endormis
Lune solaire S’amuse à avoir l’air Et dans un battement de cil Elle fait voler les abeilles C’est une danse jaune, dans toute la faune!
Hypnotisé
Pollen sur ses lèvres En emprunte de sève Lisse sa bouche gercée
La lune est toute dorée
Lune d’or Les amants se disent « A la vie, à la mort! » Et les guitares sont désaccordées C’est un morceau venu des îles, l’été
Traînant un pas silencieux L’amant s’éloigne du feu Il prend de la distance Questionne la lune, « à quoi tu penses? » Traînant son corps endolori L’amant s’approche d’une lune étourdie Dans un baiser informel Il lui dit comme elle est belle
La lune est une rebelle Elle se peint le visage de mots Dans sa violente gestuelle Elle reste inerte, et c’est beau
Figée, attachée à la mer Par ses chevilles horizons Elle s’élève, foule la grande mère Et pense « viens, garçon! » La lune est d’or Comme un bouquet séché Elle sent la vie, la mort Je tente de la toucher
Eclipse sans heure La lune cache son corps Se couvre de feuilles d’or Et comme une icône romaine Elle se joue en notes sereines Entre ses dents, sont cachées des insultes Elle rit, se fiche des mondes incultes
Lune dorée Les pupilles sont dilatées A s’étendre jusqu’à la voie lactée
*
Le soleil s’est évanoui Il a perdu la raison Le voilà tout affaibli! La lune, lui indique la maison
Maintenant le soleil est perdu Il la laisse faire sa ronde d’ingénue Puis si la lune, s’en va flâner ailleurs Les étoiles se chamaillent
Tout le ciel est désoeuvré
La lune est indomptable, le soleil est usé!
Il insiste, dans un geste frustré! Le soleil voudrait l’agripper Mais la lune danse l’espace Elle le rassure, « aucune menace… »
Le soleil sent la nausée Elle monte en sa gorge, l’étouffer Il gémit, râle quelques satires Sa peau se crispe et s’étire Et il s’attire, les foudres des cieux
La lune douce, l’invite en ses creux Pour des caresses plaisir Mais le soleil est un curieux, veut la saisir
La lune coule l’or des Hommes Elle est une satire C’est un théâtre en mille actes Qui se ment pour de faux pactes Et si la lune glousse et rigole Le soleil, pleure le monde en rigoles
Cocktail lunaire Citron pressé au bord du verre Un peu de vanille en gousse Adoucit le soleil en colère Et la lune lui dit, en un discret recul, « Aller, c’est ridicule! »
Satire sans son La lune est capricieuse Un jour femme, l’autre garçon Et le soleil, s’en gratte le menton A force d’ongles aiguisés Le soleil est tout égratigné
Et la nuit est sans fin La lune est sans lendemain Elle couvre de ses deux mains le visage fiévreux, d’un soleil maladroit « C’est vraiment parce que c’est toi… »
*
La lune porte des cuissardes Comme des sabots Elle est couverte de cuir Et sur ses hanches, un paréo
La cuisse en tension Comme pour jaillir La lune claque ses talons Et se met à rugir
Le soleil est inquiet
La lune porte des plateformes Pour prendre de la hauteur Elle se déguise, se transforme Pour mieux décorer sa chaire La lune dénuée de chaleur, avec le soleil, font la paire!
Lune blanche, elle crie Lune franche, s’insurge! Les Hommes sont sans esprit! Ils partent en conquérants Piétiner la lune d’un pas de géants! Mais la lune est si sensible, elle se sent assiégée Elle leur dit « à force, c’est pénible! » De ne pouvoir se reposer…
Lune pâle, elle s’éloigne De la terre, des êtres qui l’empoignent Elle devient solitaire, mime les hauts glaciers Et le soleil voudrait la consoler
La lune porte des cuissardes Sur ses jambes de motarde Elle est striée comme le marbre Et de ses bottes aiguilles, la lune forme des croix sur la Bastille
Et sur son corps, un paréo
*
Le jour ne viendra plus Le coeur ne bat plus Le corps, ne vibre plus Et la lune est têtue
Le jour ne parle plus Et le coeur est silencieux La lune se débat avec le feu Et le soleil, est ému
Les ondes blanches D’une lune sans masque Font briller ses hanches D’une robe dorée
La lune est belle, ainsi parée La lune est paréo Elle se plisse en légers reflets d’eau Et le soleil, se sent de trop
Face à tant de lumière Le soleil se laisse faire Et il se dit, un peu fébrile Que pour briller, la lune sait mieux faire! Le soleil ne veut plus faire la guerre! Et la lune est paréo
Terrible, la lune est parée d’eau Terrifiante Ses rires sont des fléaux Son rire fait des halos Et le soleil joue les héros
Aux marins qui passent des caps Sans broncher Qui hissent des voiles sur les mâts Dans un souffle étiré
Aux marins qui s’agenouillent sur les ponts Qui voient leurs peaux devenir rugueuses ou rêches L’eau coule, du front au menton Sueur dessinant les profils, au soleil sèche
Aux narines des navigateurs, lorsqu’elles sentent l’air Qu’elles savent à toutes heures, les humeurs de la mer Aux équipages lumières, dont les vestes abîmées Créés de la matière et des couleurs, à admirer Aux ombres que vous laissez, sur les amarres et les proues Que la barre soit de bois allongé, ou même barre à roue À vos sourires béats, dont les dents sont grandes et larges À vos yeux plissés et tous bleus, comme accordés avec les vagues
Avec les marées
Avec nos airs vagues et fatigués Lorsque le vent cogne, lorsque la mer monte Lorsque la coque s’étonne, de la vitesse qui gronde Aux mains usées, dont les paumes viennent à saigner Aux pieds fissurés, là où le sel s’est infiltré Dans les souliers Les bottes ! Des Botalos, des vêtements breloques ! Aux bonnets rouges, aux casquettes volantes Aux lunettes noires, aux écharpes traînantes
Aux bords, que l’ont vire sans prévenir Qui nous rassemblent, comme un accord Sur la manœuvre à suivre Aux arrivées, mouillées, en béatitude Aux ports que l’on retrouve, dans une certitude
Le courant prend les voiliers Ramène vers la terre Il vient dans un sursaut, tel un esprit nous murmurer Les contes des Amoureux de la Mer * * *
L’ivresse porte deux jambes Sur un buste d’homme Il s’élance sur le quai et tremble Sous la lune berçant les Hommes Pour quelques esprits qui dorment Dans un état second Ils ne voient pas ce grand homme Valser en état second Mais lorsque le vin touche le crâne Comme à percer le front Voilà! Le capitaine portant son âme Comme pour partir au front De ses vapeurs pourpre S’élèvent, à détrôner la proue Des idées idéales À nous conter ses nuits estivales Pour imaginer le plus beau Le plus doux le plus grand De tous les étés du monde Puis faire le tour de la mappemonde S’ancrer en des lieux insolites Se ruiner les poches au fond de criques Partir à l’aventure! Oui car abrité sous l’ivresse, se cache un cœur voilé d’une armure C’est un coffre qui se déploie Hurle et cris, de peur qu’on ne l’entende pas! Mais lorsqu’il se laisse faire Par les troubles de la mer Alors il s’écrit, il s’extasie! »Ha regarde! Comme la lune est belle cette nuit! » Puis il s’éclipse Dans un rire fou ou complice Histoire de faire une trêve »oui tu sais, pisser dans le sens de l’air! » Histoire de faire une halte Dans un discours qu’il offre, en hâte L’ivresse s’étire sur deux jambes Elles se dessinent ou se cambrent Ceux, restés sur les flots Regardent s’éloigner l’homme et les mots Avec son ombre qui le devance Dans une intime et sensuelle danse * Dans un murmure discret, presqu’un silence Je me dis, enfin plutôt je pense »Ah! C’est donc ça la vie! Ces instants de pure sincérité d’autrui..! » * * *
Parle moi de toi Comme tu parles du monde Comme les savants d’antan Ayant juré contre leurs temps « Oui, la terre est ronde.. »
Parle moi de nous Comme un fleuve sans fin Il s’écoule et traverse la terre Pour n’être qu’un rien
Parle moi des lacs où l’eau, Immobile Reste suspendue A jouer les funambules
Parle moi de l’été qui vient De la vie, Comme elle passe On en tourne les pages Et la mémoire fugace…
Alors parle moi de nous Comme nous sommes éternels
Les corps se meurent Mais l’âme est une rebelle
Parle moi de tes révoltes! Comme tu parles de tes peines Parle moi aussi de nos vieilles querelles
Pour me dire la beauté Que c’est de s’aimer * *
J’ai traversé l’espace Et les planètes lointaines Elles ont laissé sur moi des traces Et de lourdes peines Je me suis imaginé, usé Pris au piège D’une prison reculée, dorée Où le silence m’assiège..
J’ai traversé le soleil Et suis entré en effusion
J’ai même traversé la lune Elle m’a fait penser à toi J’ai marché les sables en dunes Et j’ai encore, Pensé à toi
J’ai joué au cascadeur Dans un monde sans lois Et j’ai cherché un peu de grandeur Dans des autres, Qui n’étaient pas toi
Mais les astres me ramènent Comme un chien errant Près de la maison de mon coeur Un peu vieilli, Titubant
Attaché au sol, Comme les racines des bambous Près à me déployer en vol Pour m’éparpiller vers nous
Je lève les yeux, qui peinent à s’ouvrir Vers les cieux, où j’hallucine Je te vois frémir
Et je t’imagine, trembler en gouttes De sueurs, la peau couverte Les pupilles transparantes, sans un seul doute
Lorsque la pluie coule Pour me faire pleurer Je me dis que c’est un peu de toi Qui du ciel, Vient me chahuter
Et je joue à l’enfant, celui oublié Ce petit être, que j’avais dans un geste Laissé
Je le retrouve et je l’imite Lorsque j’avais quatre ou cinq ans, Je n’avais aucune limites
J’ouvre les lèvres, pour manger l’eau Qu’elles soient comme la sève, De ton prénom, Que je trouve beau * * * Et si le jour me ramène A la froideur du monde Que je suis reculé, blême A fuir les foules, le monde Je voudrais alors être de magie Jouer avec mes doigts, faire comme si
Créer des espaces temps, Qui n’existent pas Là bas, on aurait le temps Pour être des hors la lois * * * La bougie meurt, Dans une danse aliénée Prāna On regarde la cire, Fossiliser
Préhistoire Et naissance de tout Il y a d’étranges histoires Qui nous feraient presque Passer pour fous * * * *
Parle moi de lumière Lorsque tout s’éteint Que la vie fait place à la guerre Que le bonheur se résume A la paume d’une main Et parle moi de ton rire Lorsque je perds le mien Que les mots sont comme des soupirs Que jamais, je ne retiens
Parle moi du ciel, lorsque le feu me foudroie Mais parle moi de la terre, si d’eau froide je me noie Parle moi des échos, que tu entends en toi Et parle moi de ce que tu trouves beau, même si ça ne me plaît pas
Parle moi des forêts, des rivages, parle moi des rivières et des nuages Parle moi de tes caresses, celle que tu m’offres Qui me parviennent par la pensée Je les garde près de moi En secret
Parle moi de nous comme tu parles d’art Parle moi de tout comme tu parles de ta lune Parle moi de toi petite lorsque tu jouais dans les dunes Et que le sable, comme des montagnes mouvantes Coulait de ton visage sur ton corps On aurait dit des larmes d’or
* * *
Je suis née des terres de vent De pluies mortes en chutes d’eau Je suis née de clairières isolées De tous les continents
Je suis née en habit de peau En habit de rien Je suis née un été chaud Une nuit, presque déjà le lendemain
Je suis née de tribus sans langue Sans écriture Je suis née là où l’on parle comme on dessine Je suis née de boue et de racines
Les lumières, ne sont que les feux Qui chauffent à nous brûler Les peaux sont rougies, de sang tachées Et la musique, de quelques cordes pincées
Je suis née des monts noirs Où le jour ne peut tout illuminer Seule la lune sait traverser la forêt Je suis née de cris et de hâte Comme lorsque de son amour on se languit
L’amour fugace, Je t’aime mais Oups, ça passe ! L’amour paperasse On se supporte mais on s’agace L’amour crétin Je t’aime mais pas demain… L’amour sexuel « Je l’aime car trop belle » L’amour basique C’est simple, il a la trique L’amour pluriel On est plusieurs dans la gestuelle L’amour sympa, Je t’aime, mais restons en là
L’amour serein, on s’embrasse chaque matin… Ou l’amour répétitif ! À force de s’engueuler Je m’arrache les tifs L’amour futuriste ! On s’aime quand on prend le risque Ou l’amour voyageur… À deux comme des baroudeurs L’amour for ever, Je t’aime! Tu es l’élu de mon cœur
L’amour adéquate, C’est comme il faut et on s’adapte Pour l’amour casanier À la maison c’est bon de se cajoler L’amour téméraire ! Je l’aime et je m’acharne, rien à faire ! L’amour célibataire …
Je la quitte sans avoir l’air L’amour internet ! Sexuel et virtuel sans prise de tête Ou l’amour radin, Je l’adore mais ne lui offre rien…
L’amour coquin, Je prend sa main pour espérer plus loin L’amour souffrant, Je l’aime mais il me fou des vents ! L’amour adolescent, Me quitte pas ou je le dis à tes parents ! L’amour particulier, Original mais pas assumé Pour l’amour solitaire Je me fais plaisir en pensant à son arrière L’amour con ! Oui je t’aime mais suis mauvais garçon Car l’amour bloqué, Je fais l’amour mais j’arrive pas à l’exprimer L’amour maladif, On s’aime mais toujours sur le vif !
L’amour catastrophe ! C’est torride mais nous laisse amorphe L’amour asexué, on se frôle mais sans se toucher
Puis l’amour inavoué, Retenu, comme un lourd secret !
*
L’amour avec un grand A Mais l’amour soufflé en quelques Ah ! L’amour sifflé avec les doigts L’amour caché, qu’on ne voit pas L’amour discret, sensuel L’amour étranger avec des querelles L’amour écolier, qu’on apprend ensemble L’amour passager qu’on oublie vite
L’amour secondaire, qu’on redouble Pour faire l’amour élémentaire À l’amour qu’on boude L’amour coup de foudre Qui s’abat en pulsions ! Pour pleurer l’amour en perdition
L’amour qui s’en va puis qui revient Pour faire l’amour rapide qui rime à rien L’amour solaire ou l’amour de nuit L’amour par terre ou dans un lit
L’amour volage ou papillon L’amour butine dans d’autres directions Tous les amours qu’on rencontre On les connaît et on se parle de nos rencontres L’amour qu’on s’offre comme un présent « Je te donne mon cœur, alors sois bienveillant » L’amour catapulte ! Tout d’un coup Pour l’amour en disputes et des cris partout L’amour pas sage, avec des débordements Pour devenir un grand sage et dire l’amour différemment
Puis il y a l’amour vrai Il ne se trouve pas dans les livres, Ou les histoires Il n’est pas en récidives ni en Avoir C’est un amour qui prend partout Mais ne t’enferme pas Il te rend, oui, complètement fou Mais te guide sur ta voie… C’est un amour un peu spécial, mais tellement ancré Je crois que le vrai amour, se passe d’être raconté Il n’est pas en échange, il se suffit d’Être Le vrai amour se ressent, au delà du paraître
C’est tout sauf promettre, projeter C’est comme si rêver continuait la journée ! C’est se taire, lorsqu’on veut crier je t’aime Pour assumer nos travers qui nous gênent
C’est se découvrir des talents ! Soulever des masques lorsqu’on se ment C’est re-découvrir son corps… Là où tu détestes, l’autre aime plus encore…
C’est s’en vouloir à soi, jamais aux deux Et se dire « je vais prendre sur moi » Pour que ça marche au moins un peu
Cesser de courir partout Pour se perdre tout le temps C’est jouir d’un baiser dans le cou Même si c’est vraiment troublant… C’est rugir de joie Lorsque « enfin ! » l’on se voit
Et c’est redevenir timide Comme si t’avais que quelques mois