Fortuna

Le bateau tape et se cogne à la mer
Dans un vacarme d’outre-mer
Voici le vent qui s’engouffre dans les voiles
Et les mâts chantent des rumeurs d’étoiles

Dis-moi ciel ! Dis-moi que la manille est forte !
Qu’elle frappe au pont mais que la soudure l’emporte !
Dis-moi que la nature n’est pas en colère
La tempête ne serait qu’une passion,
entre le vent et la terre

Les astres s’organisent comme chaque nuit
Je lève vers les cieux un visage endormi
La grande ours brille pour me bercer le cœur
Le bateau tangue, roule, et j’ai presque peur
Les drisses se débattent pour rester au front
La coque est tenace de toutes les façons

Dans une danse marine,
les vagues embrassent les encres solitaires
Et le silence n’existe plus
On se demande si la brise chanta un jour
Si la douceur de l’air n’était pas illusion
Le bateau se débat et résiste
Avec le sel, entre en collision

Mais l’univers tout entier peut souffler
Et la tornade s’immiscer
Des tsunamis devenir monstres
Ou la pluie se changer en grêle
La barre s’accroche et nous le montre,
nous sommes immortels

Le navire nous rit au nez
Il ne subit pas les rafales, il se moque des siphons
Les créatures de l’eau peuvent gémir à l’unisson
Les rapaces faire l’ombre en rondes ailées
Le tonnerre peut hurler ou gronder
Le bateau ne cessera de vibrer
Et si l’eau s’amuse à noyer les hublots
Pour aussitôt se jeter dans les flots
La rivière ondule et se lamente
« C’est que depuis des jours, il vente ! »
Entre deux rafales assoiffées
L’ode à l’amour du bateau
Continue de siffler

*

*


Le Mat ICI

Kali

Le vent s’empare d’elle
Elle s’élance dans les vagues déchaînées
La sueur se mêle à la mer
Pour son visage, l’assiéger
.
La nuit a duré ce jour
Pour faire de l’ombre au soleil
La lune a pris tout l’espace
Et le sable est en grandes traces
.
Le vent fait valser l’écume
Comme des danseuses blanches
La crique est couverte de brume
Et dans les eaux, elle flanche
.
Le corps n’a plus de peau :
La peau est un monde salé
La bouche n’a plus de mots : 
Ils sont en vagues chantées
Les nuages n’ont plus de formes ! 
Ils sont en masse épaisse
.
Le ciel, étouffé de partout
Descend sur ses seins, vers son cou
Elle s’élève dans un Atlantide lointain
Pour se souvenir de la Manche alerte
Les marées, elle les maîtrise d’une main
Pour les jeter sur la terre verte
.
KALI
Déesse des mondes engloutis
Voix des dieux en son torse
Paumes de feu pour dompter les forces
.
Mêle à son déhanché
Un peu de poussière de fées

*

*


La Tour ICI
La Justice ICI
Le Magicien ICI

*


Qui est Kali ? ICI

Altitude

Caresser ta nuque
Comme si c’était le seul horizon qui me restait
Descendre le long de ton dos
Comme à tâtons sur les nuages
Parfois c’est flou
Des courbes où je nage…
.
Zoner un peu chez toi dans toi
Embrasser tous les bouts de toi
Chercher là où d’habitude je ne vais pas
Côtoyer des nouveaux espaces
Passer sans laisser de trace
Dompter ton souffle pour mieux l’entendre
Être certaine des notes et de ce qui résonne
Suspendre toutes les horloges du monde
.
Partout où j’irai, je te parlerais pareil
Partout où j’irai, je te toucherais pareil
Ici à contre temps des mots que l’on sème
Ici c’est toutes les langues pour te dire que j’aime
.
Toute la beauté sur toi
Tous ces détails de toi
Ceux que tu sais,
puis ceux que je vois moi

*

*

*


Le Pape ICI
Le Diable ICI

Tension

*

La marée monte, et les bouts s’étirent
Tel un muscle qui se tend puis se tire
Le bateau est un corps
Il vit les vagues et les vents
Comme si c’était des sentiments

Le souffle de l’air est glacial
Et personne ne nous entend
Le bateau tangue et se décale
Pour retrouver un peu d’élan

La terre est loin, comme perdue à jamais
Et les sables ont blessé la peau
La mer, dans un silence se soumet

Berce le bateau

C’est le ciel qui fait secouer les os
Ceux qui sont fait de cordes sur le toit
De loin on pense aux ailes d’un oiseau
Mais ce n’est que les mats de bois

La pluie s’invite dans le cockpit
Pour faire monter les crues
Le sel se noie et se mélange
A l’eau douce d’un nuage dévêtu
La peau rougit et me démange
Je ferme les yeux

Aveugle tout est noir et plein de foudres
Le décor semble un trou noir à recoudre
Et le sol est devenu le ciel
Et le ciel s’est confondu avec l’eau
Sur la rivière passe une barque,
un petit bateau

« Où suis-je? »

Traversée des grands Mondes
Il n’y a pas âme qui vive
Ici, la terre n’est pas ronde

« Ici la terre est gercée »
Comme une peau vieillie
La mer est toute apaisée


Dans un silence,
elle reprend vie

L’écume se jette sur les vitres
Et le sel graisse les hublots
Je m’écris « Viens, rentre vite! »
Te mettre à l’abri, au chaud

Les frissons font grelotter
Les habits tous mouillés
Les verres sont embués


Et je souffle le chaud,
pour éteindre le froid

Le bateau glisse sur l’eau
Pour prendre soin de moi
Lorsque la tempête nous assaille
Pour dire la vie en représailles
Sous une voile repliée, épargnée
Je me suis secrètement abritée


Les nuages ont pleuré

*


Lune d’or

Lune dorée
S’étire en nuit, toute mouillée
Et les amants couverts de pluie
Sont toujours endormis


Lune solaire
S’amuse à avoir l’air
Et dans un battement de cil
Elle fait voler les abeilles
C’est une danse jaune,
dans toute la faune!


Hypnotisé


Pollen sur ses lèvres
En emprunte de sève
Lisse sa bouche gercée


La lune est toute dorée


Lune d’or
Les amants se disent
« A la vie, à la mort! »
Et les guitares sont désaccordées
C’est un morceau venu des îles,
l’été


Traînant un pas silencieux
L’amant s’éloigne du feu
Il prend de la distance
Questionne la lune, « à quoi tu penses? »
Traînant son corps endolori
L’amant s’approche d’une lune étourdie
Dans un baiser informel
Il lui dit comme elle est belle


La lune est une rebelle
Elle se peint le visage de mots
Dans sa violente gestuelle
Elle reste inerte,
et c’est beau


Figée, attachée à la mer
Par ses chevilles horizons
Elle s’élève, foule la grande mère
Et pense « viens, garçon! »
La lune est d’or
Comme un bouquet séché
Elle sent la vie, la mort
Je tente de la toucher


Eclipse sans heure
La lune cache son corps
Se couvre de feuilles d’or
Et comme une icône romaine
Elle se joue en notes sereines
Entre ses dents, sont cachées des insultes
Elle rit, se fiche des mondes incultes


Lune dorée
Les pupilles sont dilatées
A s’étendre jusqu’à la voie lactée

*

Le soleil s’est évanoui
Il a perdu la raison
Le voilà tout affaibli!
La lune, 
lui indique la maison


Maintenant le soleil est perdu
Il la laisse faire sa ronde d’ingénue
Puis si la lune, s’en va flâner ailleurs
Les étoiles se chamaillent


Tout le ciel est désoeuvré


La lune est indomptable,
le soleil est usé!

Il insiste, dans un geste frustré!
Le soleil voudrait l’agripper
Mais la lune danse l’espace
Elle le rassure, « aucune menace… »


Le soleil sent la nausée
Elle monte en sa gorge, l’étouffer
Il gémit, râle quelques satires
Sa peau se crispe et s’étire
Et il s’attire, les foudres des cieux


La lune douce, l’invite en ses creux
Pour des caresses plaisir
Mais le soleil est un curieux,
veut la saisir


La lune coule l’or des Hommes
Elle est une satire
C’est un théâtre en mille actes
Qui se ment pour de faux pactes
Et si la lune glousse et rigole
Le soleil, pleure le monde en rigoles


Cocktail lunaire
Citron pressé au bord du verre
Un peu de vanille en gousse
Adoucit le soleil en colère
Et la lune lui dit, en un discret recul,
« Aller, c’est ridicule! »


Satire sans son
La lune est capricieuse
Un jour femme, l’autre garçon
Et le soleil, s’en gratte le menton
A force d’ongles aiguisés
Le soleil est tout égratigné


Et la nuit est sans fin
La lune est sans lendemain
Elle couvre de ses deux mains le visage fiévreux,
d’un soleil maladroit
« C’est vraiment parce que c’est toi… »

*

La lune porte des cuissardes
Comme des sabots
Elle est couverte de cuir
Et sur ses hanches, 
un paréo


La cuisse en tension
Comme pour jaillir
La lune claque ses talons
Et se met à rugir


Le soleil est inquiet


La lune porte des plateformes
Pour prendre de la hauteur
Elle se déguise, se transforme
Pour mieux décorer sa chaire
La lune dénuée de chaleur,
avec le soleil, font la paire!


Lune blanche, elle crie
Lune franche, s’insurge!
Les Hommes sont sans esprit!
Ils partent en conquérants
Piétiner la lune d’un pas de géants!
Mais la lune est si sensible,
elle se sent assiégée
Elle leur dit « à force, c’est pénible! »
De ne pouvoir se reposer…

Lune pâle, elle s’éloigne
De la terre, des êtres qui l’empoignent
Elle devient solitaire, mime les hauts glaciers
Et le soleil voudrait la consoler

La lune porte des cuissardes
Sur ses jambes de motarde
Elle est striée comme le marbre
Et de ses bottes aiguilles,
la lune forme des croix sur la Bastille


Et sur son corps,
un paréo

*

Le jour ne viendra plus
Le coeur ne bat plus
Le corps, ne vibre plus
Et la lune est têtue


Le jour ne parle plus
Et le coeur est silencieux
La lune se débat avec le feu
Et le soleil, est ému


Les ondes blanches
D’une lune sans masque
Font briller ses hanches
D’une robe dorée


La lune est belle, ainsi parée
La lune est paréo
Elle se plisse en légers reflets d’eau
Et le soleil,
se sent de trop


Face à tant de lumière
Le soleil se laisse faire
Et il se dit, un peu fébrile
Que pour briller, la lune sait mieux faire!
Le soleil ne veut plus faire la guerre!
Et la lune est paréo


Terrible, la lune est parée d’eau
Terrifiante
Ses rires sont des fléaux
Son rire fait des halos
Et le soleil joue les héros


Et les mers montent en nuages
La lune est en nage


Et la lune, du monde, est en marge





Atlantique

Aux marins qui passent des caps 
Sans broncher
Qui hissent des voiles sur les mâts
Dans un souffle étiré 

Aux marins qui s’agenouillent sur les ponts 
Qui voient leurs peaux devenir rugueuses ou rêches 
L’eau coule, du front au menton
Sueur dessinant les profils, au soleil sèche

Aux narines des navigateurs,
lorsqu’elles sentent l’air
Qu’elles savent à toutes heures,
les humeurs de la mer
Aux équipages lumières, dont les vestes abîmées
Créés de la matière et des couleurs, à admirer
Aux ombres que vous laissez, sur les amarres et les proues
Que la barre soit de bois allongé, ou même barre à roue
À vos sourires béats, dont les dents sont grandes et larges
À vos yeux plissés et tous bleus, 
comme accordés avec les vagues

Avec les marées 

Avec nos airs vagues et fatigués
Lorsque le vent cogne, lorsque la mer monte
Lorsque la coque s’étonne, de la vitesse qui gronde
Aux mains usées, dont les paumes viennent à saigner 
Aux pieds fissurés, là où le sel s’est infiltré 
Dans les souliers
Les bottes ! Des Botalos, des vêtements breloques ! 
Aux bonnets rouges, aux casquettes volantes
Aux lunettes noires, aux écharpes traînantes

Aux bords, que l’ont vire sans prévenir
Qui nous rassemblent, comme un accord 
Sur la manœuvre à suivre
Aux arrivées, mouillées, en béatitude 
Aux ports que l’on retrouve, dans une certitude

Le courant prend les voiliers 
Ramène vers la terre
 Il vient dans un sursaut, tel un esprit nous murmurer 
Les contes des Amoureux de la Mer
*
*
*

Ivresse

L’ivresse porte deux jambes
Sur un buste d’homme
Il s’élance sur le quai et tremble
Sous la lune berçant les Hommes 
Pour quelques esprits qui dorment 
Dans un état second
Ils ne voient pas ce grand homme
Valser en état second
Mais lorsque le vin touche le crâne
Comme à percer le front 
Voilà! Le capitaine portant son âme
Comme pour partir au front
De ses vapeurs pourpre
S’élèvent, à détrôner la proue
Des idées idéales
À nous conter ses nuits estivales
Pour imaginer le plus beau
Le plus doux le plus grand
De tous les étés du monde
Puis faire le tour de la mappemonde
S’ancrer en des lieux insolites
Se ruiner les poches au fond de criques
Partir à l’aventure! 
Oui car abrité sous l’ivresse, 
se cache un cœur voilé d’une armure
C’est un coffre qui se déploie
Hurle et cris, de peur qu’on ne l’entende pas!
Mais lorsqu’il se laisse faire 
Par les troubles de la mer
Alors il s’écrit, il s’extasie! 
 »Ha regarde! Comme la lune est belle cette nuit! » 
Puis il s’éclipse
Dans un rire fou ou complice
Histoire de faire une trêve  »oui tu sais, pisser dans le sens de l’air! »
Histoire de faire une halte
Dans un discours qu’il offre, en hâte 
L’ivresse s’étire sur deux jambes
Elles se dessinent ou se cambrent
Ceux, restés sur les flots
Regardent s’éloigner l’homme et les mots
Avec son ombre qui le devance 
Dans une intime et sensuelle danse
*
Dans un murmure discret, presqu’un silence 
Je me dis, enfin plutôt je pense
 »Ah! C’est donc ça la vie! Ces instants de pure sincérité d’autrui..! » 
*
*
*

Prāna

Parle moi de toi
Comme tu parles du monde
Comme les savants d’antan
Ayant juré contre leurs temps
« Oui, la terre est ronde.. »

Parle moi de nous
Comme un fleuve sans fin
Il s’écoule et traverse la terre
Pour n’être qu’un rien

Parle moi des lacs où l’eau,
Immobile
Reste suspendue
A jouer les funambules

Parle moi de l’été qui vient
De la vie,
Comme elle passe
On en tourne les pages
Et la mémoire fugace…

Alors parle moi de nous
Comme nous sommes éternels

Les corps se meurent
Mais l’âme est une rebelle

Parle moi de tes révoltes!
Comme tu parles de tes peines
Parle moi aussi de nos vieilles querelles

Pour me dire la beauté
Que c’est de s’aimer

*
*


J’ai traversé l’espace
Et les planètes lointaines
Elles ont laissé sur moi des traces
Et de lourdes peines
Je me suis imaginé, usé
Pris au piège
D’une prison reculée, dorée
Où le silence m’assiège..

J’ai traversé le soleil
Et suis entré en effusion

J’ai même traversé la lune
Elle m’a fait penser à toi
J’ai marché les sables en dunes
Et j’ai encore,
Pensé à toi

J’ai joué au cascadeur
Dans un monde sans lois
Et j’ai cherché un peu de grandeur
Dans des autres,
Qui n’étaient pas toi

Mais les astres me ramènent
Comme un chien errant
Près de la maison de mon coeur
Un peu vieilli,
Titubant

Attaché au sol,
Comme les racines des bambous
Près à me déployer en vol
Pour m’éparpiller vers nous

Je lève les yeux, qui peinent à s’ouvrir
Vers les cieux, où j’hallucine
Je te vois frémir

Et je t’imagine, trembler en gouttes
De sueurs, la peau couverte
Les pupilles transparantes,
sans un seul doute

Lorsque la pluie coule
Pour me faire pleurer
Je me dis que c’est un peu de toi
Qui du ciel,
Vient me chahuter

Et je joue à l’enfant, celui oublié
Ce petit être,
que j’avais dans un geste
Laissé

Je le retrouve et je l’imite
Lorsque j’avais quatre ou cinq ans,
Je n’avais aucune limites

J’ouvre les lèvres, pour manger l’eau
Qu’elles soient comme la sève,
De ton prénom,
Que je trouve beau
*
*
*

Et si le jour me ramène
A la froideur du monde
Que je suis reculé, blême
A fuir les foules, le monde
Je voudrais alors être de magie
Jouer avec mes doigts, faire comme si

Créer des espaces temps,
Qui n’existent pas
Là bas, on aurait le temps
Pour être des hors la lois
*
*
*

La bougie meurt,
Dans une danse aliénée
Prāna
On regarde la cire,
Fossiliser

Préhistoire
Et naissance de tout
Il y a d’étranges histoires
Qui nous feraient presque
Passer pour fous
*
*
*
*



Racines

Parle moi de tes racines..

Parle moi de lumière
Lorsque tout s’éteint
Que la vie fait place à la guerre
Que le bonheur se résume
A la paume d’une main
Et parle moi de ton rire
Lorsque je perds le mien
Que les mots sont comme des soupirs
Que jamais,
je ne retiens

Parle moi du ciel, lorsque le feu me foudroie
Mais parle moi de la terre,
si d’eau froide je me noie
Parle moi des échos, que tu entends en toi
Et parle moi de ce que tu trouves beau, même si ça ne me plaît pas

Parle moi des forêts, des rivages, parle moi des rivières et des nuages
Parle moi de tes caresses, celle que tu m’offres
Qui me parviennent par la pensée
Je les garde près de moi
En secret

Parle moi de nous comme tu parles d’art
Parle moi de tout comme tu parles de ta lune
Parle moi de toi petite lorsque tu jouais dans les dunes
Et que le sable, comme des montagnes mouvantes
Coulait de ton visage sur ton corps
On aurait dit des larmes d’or

*
*
*


Je suis née des terres de vent
De pluies mortes en chutes d’eau
Je suis née de clairières isolées
De tous les continents

Je suis née en habit de peau
En habit de rien
Je suis née un été chaud
Une nuit,
presque déjà le lendemain

Je suis née de tribus sans langue
Sans écriture
Je suis née là où l’on parle comme on dessine
Je suis née de boue et de racines

Les lumières,
ne sont que les feux
Qui chauffent à nous brûler
Les peaux sont rougies, de sang tachées
Et la musique,
de quelques cordes pincées

Je suis née des monts noirs
Où le jour ne peut tout illuminer
Seule la lune sait traverser la forêt
Je suis née de cris et de hâte
Comme lorsque de son amour on se languit

On s’écrit « j’ai hâte! »

Les Amours

L’amour fugace,
Je t’aime mais Oups, ça passe !
L’amour paperasse
On se supporte mais on s’agace
L’amour crétin
Je t’aime mais pas demain…
L’amour sexuel
« Je l’aime car trop belle »
L’amour basique
C’est simple, il a la trique
L’amour pluriel
On est plusieurs dans la gestuelle
L’amour sympa,
Je t’aime, mais restons en là

L’amour serein, on s’embrasse chaque matin… 
Ou l’amour répétitif ! À force de s’engueuler
Je m’arrache les tifs
L’amour futuriste ! On s’aime quand on prend le risque
Ou l’amour voyageur… À deux comme des baroudeurs
L’amour for ever,
Je t’aime! Tu es l’élu de mon cœur

L’amour adéquate,
C’est comme il faut et on s’adapte
Pour l’amour casanier
À la maison c’est bon de se cajoler
L’amour téméraire ! Je l’aime et je m’acharne, rien à faire !
L’amour célibataire …

Je la quitte sans avoir l’air
L’amour internet ! 
Sexuel et virtuel sans prise de tête
Ou l’amour radin,
Je l’adore mais ne lui offre rien… 

L’amour coquin,
Je prend sa main pour espérer plus loin
L’amour souffrant,
Je l’aime mais il me fou des vents !
L’amour adolescent,
Me quitte pas ou je le dis à tes parents !
L’amour particulier,
Original mais pas assumé
Pour l’amour solitaire
Je me fais plaisir en pensant à son arrière
L’amour con ! 
Oui je t’aime mais suis mauvais garçon
Car l’amour bloqué,
Je fais l’amour mais j’arrive pas à l’exprimer
L’amour maladif,
On s’aime mais toujours sur le vif !

L’amour catastrophe ! C’est torride mais nous laisse amorphe
L’amour asexué, on se frôle mais sans se toucher


Puis l’amour inavoué,
Retenu, comme un lourd secret !


*
 

L’amour avec un grand A
Mais l’amour soufflé en quelques Ah !
L’amour sifflé avec les doigts
L’amour caché, qu’on ne voit pas
L’amour discret, sensuel
L’amour étranger avec des querelles
L’amour écolier, qu’on apprend ensemble
L’amour passager qu’on oublie vite

L’amour secondaire, qu’on redouble
Pour faire l’amour élémentaire
À l’amour qu’on boude
L’amour coup de foudre
Qui s’abat en pulsions ! 
Pour pleurer l’amour en perdition


L’amour qui s’en va puis qui revient
Pour faire l’amour rapide qui rime à rien
L’amour solaire ou l’amour de nuit
L’amour par terre ou dans un lit

L’amour volage ou papillon
L’amour butine dans d’autres directions
Tous les amours qu’on rencontre
On les connaît et on se parle de nos rencontres
L’amour qu’on s’offre comme un présent
 « Je te donne mon cœur, alors sois bienveillant » 
L’amour catapulte ! Tout d’un coup
Pour l’amour en disputes et des cris partout
L’amour pas sage, avec des débordements
Pour devenir un grand sage
et dire l’amour différemment

Puis il y a l’amour vrai
Il ne se trouve pas dans les livres,
Ou les histoires
Il n’est pas en récidives ni en Avoir
C’est un amour qui prend partout
Mais ne t’enferme pas
Il te rend, oui, complètement fou
Mais te guide sur ta voie… 
C’est un amour un peu spécial,
mais tellement ancré
Je crois que le vrai amour, se passe d’être raconté
Il n’est pas en échange, il se suffit d’Être
Le vrai amour se ressent, au delà du paraître

C’est tout sauf promettre, projeter
C’est comme si rêver continuait la journée !
C’est se taire, lorsqu’on veut crier je t’aime
Pour assumer nos travers qui nous gênent

C’est se découvrir des talents !
Soulever des masques lorsqu’on se ment
C’est re-découvrir son corps… 
Là où tu détestes, l’autre aime plus encore… 

C’est s’en vouloir à soi, jamais aux deux
Et se dire  « je vais prendre sur moi » 
Pour que ça marche au moins un peu

Cesser de courir partout
Pour se perdre tout le temps
C’est jouir d’un baiser dans le cou
Même si c’est vraiment troublant… 
C’est rugir de joie
Lorsque « enfin ! » l’on se voit


Et c’est redevenir timide
Comme si t’avais que quelques mois

Silence,
L’amour se pense