Carnet de route

                                                            En contournant  Qingdao Shanghai Ningbo

J’ai volontairement photographié la Chine et ses usines en couleurs car j’avais la volonté de les inscrire dans le présent. Je ne souhaitais pas que ces visages et que ces paysages puissent être attribués à une autre époque que celle que nous vivons actuellement. Je pense que les couleurs qui habillent ces personnes et ces villes sont le reflet d’un aspect de notre civilisation et de notre industrialisation.

C’est dans ces villes, ces usines et avec ces personnes, que j’ai ressenti plus que jamais le besoin de voir, d’immortaliser et de souligner ces éclats de couleurs, de nuances et de lumières qui venaient souvent confronter le quotidien et la pauvreté, mélangés, rencontrés..

En partant de Tsingtao…

J’ai contourné les hautes villes

Tout pour atteindre les sentiers et quitter les paillettes

Celles des grandes illusions qui brillent

Fuir l’abondance en éclat

En excès

Je suis passée par les zones malmenées

Industrielles

Des usines de tout, des usines maisons

Parce que les gens y vivent aussi

Et les enfants

Autour ce sont des ateliers de soudure

On entend le chant des outils de fer

Nulle place pour l’imaginaire

Ce ne sont pas des villes où le bruit des voix résonne,

Personne ne parle,

Ici on travaille.

Sur leurs visages ridés, déjà,

J’ai pu accidentellement

Involontairement

Générer ce sourire qui fait la différence

A Ningbo

Là-bas, de longues usines grises, encore.

Elles recrachent leurs poisons

L’eau est verte et saccagée

On me sourit

On me suit

Les rues sont vides, désertes

La poussière qui danse voile le paysage

Le ciel est gris

Les chiens sont maigres

Attachés

Affamés eux aussi

Les gens vont à contresens

Silence

Les paysages au loin semblent arides et j’ai cette sensation de perte d’équilibre

Seule

Shanghai de l’autre côté de la rive

Le dos aux buildings dorés, je me suis perdue dans l’ancienne ville

Là où les choses semblent plus réelles

Plus sensibles

Là où c’est usé, comme oublié du reste du monde

Les maisons ne dépassent pas deux étages

Les ruelles sont étroites

Tordues

Les boutiques s’illuminent de néons et tout semble vieilli

Brouillon

Le communisme, toujours de garde au coin des impasses, 

De grands édifices à la gloire de Mao illuminent ma route…

Sol-itude

Il est des instants,

solitaires
Où la plante des pieds,

ancrée en terre
S’amuse à se balancer en l’air
Avec l’esprit, apaisé


C’est une ode à la solitude
À la tranquillité
Parfois la quiétude
Mais surtout à la fiabilité


Lorsque Soi même, on est
Comme son ami, son allié
Que l’on devient un peu, 
son amant

Parfois même sa rencontre

​Lorsque avec Soi, 
l’on peut rire
Chanter ou même 
Se nourrir


Que l’or qui coule 
De nos yeux
Nait de son propre regard

Celui que l’on pose 
Sur le monde
Sur nos différences
Les défauts deviennent
Certaines particularités
Et quoi qu’il advienne

L’on est heureux de les porter

C’est une ode à la béatitude
Parfois seule, d’autres fois
Accompagnée

Mais c’est avec profonde gratitude
Qu’on sait alors dire 
‘Je t’ai aimé ‘

_

Gâteaux de la joie

Recette inspirée d’Hildegarde de Bingen

Les biscuits de la joie donnent la joie, tout simplement. Ils boostent le métabolisme, apportent chaleur et bonne digestion, un esprit clair et apaisé.
Recette qui date du moyen âge (quand même!). Hildegarde les recommande le matin pour apporter de l’énergie aux sujets fatigués ou malades.

Pour manger le matin ou au goûter, etc. Pas plus de 5 petits gâteaux par jour! Il est important de respecter ce dosage car sinon cela devient l’inverse de l’effet souhaité voir dangereux. En effet la noix de muscade, prise en trop grande quantité est très mauvaise, elle donne mal à la tête car elle intoxique l’organisme. Par ailleurs, j’ai remplacé la cannelle par le gingembre pour cette raison : la cannelle est très riche en oxalates, un anti-nutriment particulièrement toxique pour les reins mais aussi pour l’ensemble du corps. Quant à la farine, je propose différentes alternatives mais il faut savoir que la recette initiale d’Hildegarde était faite avec de l’épeautre.
Note : si vous mangez régulièrement de la noix de muscade, pas plus d’une petite cuillère à café maximum par jour.
Si vous souhaitez conserver la recette initiale avec la cannelle, je recommande de réduire la quantité de moitié.

RECETTE

  • 45 gr de noix de muscade en poudre
  • 45 gr de gingembre en poudre (remplace la cannelle)
  • 10 gr de clous de girofle en poudre
  • 1 Kg de grand épeautre non hybridé : acheter bio et vérifier la mention « non hybridé », c’est très important sinon l’épeautre risque de ne pas être toléré du tout(!) par les intestins sensibles, de plus ce n’est pas de cet épeautre dont parle Hildegarde. Si vraiment vous avez un doute sur la qualité ou que vous ne souhaitez pas consommer de céréale et/ou de gluten, je conseille la farine châtaigne qui ajoutera en plus une note sucrée. Petit bémol : la farine de châtaigne est assez humide et lourde et peut donner un résultat moins « sec » que la recette initiale, vous pouvez, selon vos tolérances alimentaires et vos goûts, la couper avec une autre farine…
    Pour ceux qui souhaitent réduire la présence d’oxalates dans leurs assiettes et/ou diminuer la teneur en glucides, sachez que la farine de noix de coco est quasiment dénuée d’oxalates, elle est aussi faible en sucres et possède un IG de 35 : cependant, étant donné que cette farine n’apporte pas de « liant », vous pouvez ajouter un peu de farine de lin sous forme de Linette nature (voir ici) ou mettre des blancs d’oeufs.
  • 400gr de sucre complet, de coco, ou de miel : J’y préfère le sucre de coco car le miel lorsqu’il est chauffé perd de ses vertus et le sucre de complet a un index et une charge glycémique plus élevés… Si vous utilisez la farine de châtaigne essayez avec 200gr seulement car elle est déjà sucrée. Si vous utilisez la farine de noix de coco, vous pouvez utiliser le sucre de coco.
  • Une pincée(!) de sel brut.
  • 100gr de beurre (bio!) : vous pouvez aussi utiliser du ghee (beurre clarifié).
  • 1 cuillère à café de levain : Il est important de choisir le levain naturel plutôt que la levure. En effet le levain va pré-digérer la protéine qui se trouve dans la farine d’épeautre et empêcher l’acide phytique de freiner votre bonne digestion et assimilation. En revanche, le levain n’est pas nécessaire si vous prenez de la farine de châtaigne ou de noix de coco.
  • 3 jaunes d’oeuf : si vous voulez mettre les blancs, sachez qu’Hildegarde ne les recommande pas dans la recette mais j’y trouve personnellement un intérêt puisqu’ils apportent une protéine de qualité et complète et permettent de donner de la densité ainsi que du liant aux gâteaux.
    Je ne recommande pas d’utiliser des protéines végétales pour remplacer les oeufs sauf la farine de lin qui est pauvre en anti-nutriments, particulièrement lorsque le lin a été germé ou si vous l’achetez sous forme de linette qui favorise une assimilation optimale de la graine et qui neutralise les anti-nutriments.

Cuisson entre 180° et 200° dans un moule à petits gâteaux individuels.

Hildegarde a aussi écrit beaucoup de musique…

Fantôme

FANTOME

Le temps est en arrêt
Comme en grande pause

Si tu te laisses faire par le silence
J’ai mis ton coeur en prose

C’est un poème d’un être blanc

De fantôme

Le drap s’est enlevé dans le vent
Il ne reste que l’invisible
A force de suivre les saisons
Toi aussi, tu as fané
Tes cils sont comme les feuilles
Tous au sol tombés
Et les yeux pour toujours ouverts
A disperser un peu de ta colère
La pupille est devenue le relief

Lorsque tu regardes, on ne voit plus
Ni les émotions 
Ni les espaces parcourus
Le jour passe et la nuit venue
Tu ne dors plus

C’est une vie de fantôme

Mort 

Mais pas encore d’accord
A cette nouvelle réalité

Pourtant il est l’heure
C’est presque déjà trop tard
Il est des vies à laisser derrière Soi
Des autres routes à visiter
Pourtant c’est ton heure
C’est presque déjà trop tard
A ton poignet la montre est en pause
Et la pile ne sera plus jamais
Changée
C’est une vie de fantôme
Derrière toi il n’y a plus d’ombre
Le soleil ne se reflète plus sur ta peau
 

Tu ne bronzeras plus

Tu ne respireras plus

Tu pleureras plus
 

Te souviens tu les dernières fois?
Pour quelques instants
Lorsqu’il y avait près de toi
Un être doux et aimant
 
Te souviens tu les derniers jours?
Ceux où tu as négligemment fait l’amour
Ceux où tu as crié au lieu de dire
Où tu as préféré te taire, ne pas la choisir
 
C’est ta vie de fantôme

Tu tentes de faire un bruit, de laisser une trace
Mais la vie s’est avec toi endormie
Rien ne bouge, là où tu passes
Tout est blanc, il n’y a plus de noir
C’est comme avant mais tu n’avais juste
Pas vu

Maintenant tes souvenirs prennent la poussière
Tu voudrais passer un doigt sur la sale soupière
Mais rien ne tremble
Et tu crois être encore un peu vivant 
Ou bien il te semble !

*

ESPRIT

La maison prend la poussière
Et le drap du fantôme aussi
C’est devenu un peu austère
On entend simplement
Sécher la pluie

Siffler le vent

Il passe dans un mouvement
Faire bouger le tissu blanc, en plis
C’est donc aussi de tons gris

Les étoiles dansent pour le chaos
Le ciel faussement en désordre
C’est bien rangé, la beauté
Cosmique

Les jours passent
Et recommencent


Et le fantôme s’agace
Du matin au soir
La mort il y pense

Devenir un esprit…
Il manque d’enthousiasme!
De courage ou de repli
Sur soi, en carapace

Lorsque personne ne passe
Qu’il est seul, vraiment
Que son seul souffle froid
Pousse l’air
Il fait de la musique avec rien
Ce qui lui passe sous la main

A défaut de taper les casseroles
Ou les chaises de bois
Il crie en langue folle
Des chants d’effrois

Et ça semble comme les arbres
Lorsqu’ils bougent
Comme les fleurs lorsqu’elles naissent
Comme les enfants lorsqu’ils rient

C’est la musique de la vie

*

AUBES

Le fantôme regarde le jour 
Se lever
Le soleil lui semble loin et en retrait
La lune s’en va, toujours étrangère

Il ne se sent proche de nulle chose
Peut être des nuages
De la buée sur les carreaux
De la moite chaleur que la nuit laisse

Lorsque les êtres dorment et respirent

Les oiseaux parlent des langues voyageuses
Et les araignées font des toiles délicates
Tout est si précis dans la nature

Il se dit, dans un élan soudain
Qu’il fut bien idiot ou même gamin
D’avoir attendu d’en être rendu à rien
Pour se laisser apprivoiser par le jardin

Avec un peu de recul
Assis en transparence sur le siège à bascule
Le fantôme désespère
Il ne veut pas partir 
Se dit qu’il fut bien tête en l’air
De ne pas voir les évidences 

 « Où étais-je donc ? » Il pense…


Et ses idées deviennent des bulles
On ne voit qu’une masse qui fume
Qui s’élève du salon sans bruit

Si l’on écoute c’est presque sans vie

C’est telle la rosée qui mouille
Sans jamais l’herbe, la noyer
C’est aussi minutieux et fin que les aubes
Egalement lent à venir mais franc 
Une fois installée, la matinée ne recule plus
Elle vient en ruisseaux pour finir en cascades

« Faut-il vraiment que je m’en aille? »

*

TANGO

Tango jazz

Un air latino

Passe sur le fantôme
Venu des pays chauds

Tango valse
C’est comme sa dernière
Danse
Et la terre tangue, tel un voilier
Ça va et ça remue en grandes marées

Tango soûl
Touche de rhum ambré, 
sucre roux
Et ça choque les voiles, 
d’un peu partout
Ça fait déborder le cœur,
à grands flots
Tango pas droit
C’est invisible,
mais c’est maladroit
Un dernier mal de mer, 
un dernier cri 
Un dernier trip solitaire

Océanique

La terre bouge 
Comme les vagues
Avalent le sable
Mais personne ne voit
Fantôme nausée
Alcool fermenté en son âme
Image de vague à l’âme 

Fond de cale, eau croupie
Fantôme un peu abasourdi

Rhum ambré,
Sucre roux et adoucir 
La mort et ses baisés

Esprit d’argent
Fantôme lunaire

Dont les états d’esprit
Ou pensées solaires
Sont des vapeurs de poésies
Restées amères
Comme retenues en sursis
Quelque part ailleurs

Prison sur terre, ronde
Comme les quatre coins du monde
Prison voilée et beige ou blanche

Mais sous le drapé,
fantôme

Se déhanche


.
.
.

Convergences

Tu crois aux auréoles des Saints
Moi je crois
Aux alvéoles de tes seins
Tu crois aux sourires des pieux
Moi j’admire les instants à deux


Tu crois aux grandes idées
Moi j’aspire
A la vérité

Tu crois aux jours malices
Moi j’ai soif de justice


Tu penses que je suis absent
Moi je pense
A toi souvent

Tu crois que la vie est sans temps
Moi je sais avoir perdu
Trop de temps

Tu goûtes aux arêtes du poisson
Je pense
Que la vie est un poison

Tu crois aux tourbillons cosmos
Moi j’aime

Les arrêtés de Faust

Et les lois divergent
Mais les lois convergent
Dans un sens irrégulier

Pour enfin
Se rencontrer

Correspondances

Beaux Arts de Versailles
Diplôme 2013

« Correspondances » évoque la question de la rencontre entre les êtres.
Au delà des mots, ce court métrage présente les gestes, les non-dits et les regards qui naissent lorsque l’on découvre l’autre.

*
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​Réalisation : Ambre Klein

Actrices : Marie Toscan Du Plantier et Ambre Klein

Musique : Cedric Duchemann et Ambre Klein
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Vidéo disponible par email:  ambreklein1@gmail.com

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Désert

Tout ondule

Mes pas ont laissés derrière eux

une partie de moi

Les monts ensevelis d’eau

Le froid du Nord

Je suis ce matin

Arrivée en pays chauds

à la limite du coma

Terres ensablées

aux couleurs endiablées

Pays sucrés

Ici c’est oasis

Et tasses de thé

Mirage en seul monde

C’est ondulant sur les épaules

Que la chaleur me frôle

Elle semble devenir

Une âme sans avenir

Les visages brunis

Des inconnus

devenus amis

Sont les seuls repères

Il semble que je sois

immigrée

Dans une autre atmosphère

Je t’ai cherché

partout
Dans les flous déserts

Et l’odeur de la mer

Salée à devenir fou

Laissée en travers

Du plexus solaire

Est venue en vagues

me secouer

Flânant sur les tapis
Tissés d’épais tissus
Je laisse dans l’ombre
Un peu tapit
Mon air las ou déçu


Et sous mes vieilles semelles
L’usure m’as usée
J’ai sur toi écrit tant de poèmes
Que je ne sais si je t’aime
ou seulement le mirage


De ton visage


J’ai offert à des mendiants
Quelques vers un peu luisants
Je les ai écrits en vrac
A défaut d’avoir dans mon sac
De quoi marchander
Je suis 

comme dépouillée

Naître à soi

Tu peux ouvrir les yeux 

tout doucement

Les murs invisibles

Sont détruits maintenant

Comme la fleur 

au milieu des champs

Tu auras tout le temps

Pour renaître

Puisque le vent t’as déposé ici

Dans les bras doux et épris

D’un arbre fruitier

Où il fait bon d’y être

Il parait que la beauté

S’est ouverte en bouton

Pour être un peu sonnée

A suivre la moisson

=

L’eau du lac est devenue

La vapeur

Pour entrer en fumée

Et le ciel accueille

toutes les nuances

Du feu consumé

​=

Les nuages sont des tâches

Grisées ou tenaces

Comme pour habiller

Les montagnes

Erigées en terres houleuses

Je glisse sur la poudreuse

Pour devenir

ta seule direction

Les oiseaux

cherchent les restes

De nourritures célestes

Ici c’est le Tao

=

Noyé, dans les flots marécages

Il y a des sirènes en transparences

Et j’ai entendu leurs chants

Devenir des cris

Tels ceux des harpies

Pour naître et être

Tout le bestiaire

Des animaux venus

Du centre de la terre

Ils sont de lieux

Sans aucune limites

La joie ou la tristesse

Les émotions

Je les imites

Et je lévite

Si je m’évite

A devenir désordre

=

Réfugiés sentimentaux

Envahis

de leurs grands manteaux

Ils sont arrivés à l’aube

Comme pour enlacer le soleil

Emotions naufrages

Les naufragés vers les rivages

Ont accosté ce matin

Le port d’attache

N’est plus en liens

Il n’y a plus de quais

l’amour se défait

puis l’amour renaît

Le temps file

Mais j’ai cessé

De le penser

Je descendrai du Paradis

En ange blanc ou noir

Et mes aléas de teintes

Sont à défaire les contraintes

La vie en toile déchirée

ou peinte

Puis les anciens volcans

Qui brûlaient en arrière plan

Sont en silence

Sur eux je danse

Soleil se couche

Un peu lassé

Les nuages et le vent

Sans secousse

L’emmènent ailleurs

Là où la tiédeur

Ne brûle plus

Ni ne chauffe plus

Et il pourra s’évanouir

Ou seulement s’étourdir

Dans les hauteurs

Sur sa vie

Prendre de la hauteur

C’est en immense

lenteur

La foudre est partie

Pour ne devenir

Qu’un zeste de lumière

Et c’est dans une prière

Pour nous rencontrer

Puisque la vie de toi

m’a enlevé

Arraché

Retiré à ton coeur

Pour ne plus sentir le mien

Je m’éteins et je me retiens

Et j’ai acquis cette habitude

De laisser à l’abri

De quelques ennemis

En latitude

Mes maux cachés

Nés de mots sacrés

Que je n’ai pu te chanter​

J’ai appris à aimer

ou même adorer

Dans le silence gelé

De l’éternité

=

La nature grise

Ou houleuse

En branches noueuses

Là où j’ai pris la tangente

Pour les terres Atlantes

Je m’éternise ou vogue

Sur les nuages

Et dans les coups

du dit tonnerre

Pour quelques éclairs

Restés un peu perçants

Comme des toiles persanes

J’ai dans mon tablier afghan

des herbes à tisanes

Je me suis envolée

Un peu fugace

En sorcière de glace

Valser dans l’espace

La nuit sur moi s’abat

En cérémonie Sabbat

La pluie est sur mes épaules

Telle la brume voilée qui frôle

C’est un manteau

Tissé en vagues d’eau

=

L’air est gelé

Tel un sentier du Nord

J’aspire comme si respirer

C’est à manger la fumée

de ton souffle

J’avance

je m’essouffle

Eclipse solaire

ou bien lunaire

On ne voit plus vraiment

Tous les versants de la terre

Le coeur en mode passoire

Sèches tes larmes

à coups de mouchoirs

Jetables.

=

Ville en vieille Romaine

Creusée

Terres Etrusques foulées

La corne de mes pieds

est usée

Et j’ai marché

tellement de temps

à te chercher dans tous les vents

Pour te découvrir au creux

Des océans jersey

Azurés et veloutés

de l’Afrique chaude

A force de te voir

Les pupilles de mes yeux

Ont pris feu

La vie sans toi est voilée

En roses anciennes

C’est fané et dans le jardin

Je longe les sentiers chagrins

Le sable est sur ma peau

En paillettes

Et toi en mirage statuette

Tel le sphinx Egypte

Je viens en peine simple

Pour te dire ces mots simples

Nés en silences discrets

Qui viennent comme un secret

S’adapter à ton absence

Tes sourires lorsqu’ils s’élancent

Pour devenir d’autres contours

de ton visage

Tu peux même pleurer

Tu peux te ruiner de sanglots

Faire vibrer la rage en torrents

Etre un désastre du présent

Tu peux tenter de me convaincre

Que tu n’es rien qu’une misère

Qu’un pauvre fou

Qu’un ancien soldat

Qui serait oublié ou pire

Mort

au combat

Tu peux me glisser la nuit

Dans des rêves surgis

A tremper les draps de velours

Tu peux me dire au combien l’amour

C’est une antiquité !

Bon pour les grands flâneurs !

Les baroudeurs, les amateurs

Les âmes qui se leurrent

Ou s’abiment un peu

Tu peux me dire si tu veux​

ce que tu veux

 Je t’inventerai de nouvelles

lettres

D’autres strophes

Je viendrai vers toi en hurlant

mes apostrophes !

Pour devenir des sons

Juste des essences

des odeurs

ou l’invisible

Bouche sépia

Sur la larme

qui dévale ta joue

je t’en ferai des bijoux

A force de pleurer

Tu seras de diamants

en pleurs bleutés

habillé

=

Le roseau ne plie pas

Il ne s’abime pas

Il n’est plus en fêlures

Plus en blessures

Le roseau

ou le bambou

Sont des invincibles

A regarder passer le ciel

De leurs racines fines

Qui s’accrochent

Ou juste s’agrippent

Et si d’une entorse 

ils se courbent

La nature prend le temps

De les cicatriser

Et la pluie passe

Et la foudre assombrit tout

Et les dieux s’enflamment

Et les oiseaux sont le bruit

Et les arbres

sont les ombres

Mais le roseau

Ne plie pas

Il est telle l’émotion

Qui ne pleure plus

Elle respire

C’est une émotion

qui vibre si haut

Qu’elle se suffit

de simples mots

Et ne veut plus entendre

Des cris ou se méprendre

Elle se dit qu’elle voudrait

Dans un élan sincère et tendre

Avec le roseau

Etre

un couple nouveau

=

Troisième oeil

Je suis partie en Asie

Voyager sur des terres asiles

Et mon esprit sénile

Est en stand-by

Pays de l’Est ou du Nord

Routes glacées

J’ai laissé au port

Mon vieux voilier

Je suis perché à l’Ouest

J’aime pas trop

Les raz-de-marée

Alors je t’ai zappé

​J’attendrai que la pluie coule

Pour pleurer

Puis si je me saoule

Pour t’oublier

C’est ma tactique

A chacun ses techniques

J’ai même plus la trique

On s’ennuie

Quand on se quitte

Mon visage fait flipper

La peau se fissure

On dirait une vieille gravure

J’ai des cicatrices

Nées de blessures

« T’es trop loin dans ta matrice »

Oui mais j’assure…

Ou bien j’assume

La fumée de l’herbe

Qui vient fumer ma peine

Est comme le film la haine

La fin fait pleurer

Je reste sur ma fin cartonnée

J’me suis brulées les lèvres

En m’éloignant de tes lèvres

Je suis sans vêtements

Sans papiers sans repères

J’ai envisagé de changer

de continent

Mais je manque d’élan

Mes semelles sont trouées

Ça fait un look vite fait

Mes souliers sont niqués

Et je me suis un peu niqué

A force de niquer

Des esprits vidés

Mon esprit le vider

Puis arrive le moment 

Où t’es paumé

Ensemble toi et moi

Si tu veux encore de moi

On peut refaire le monde

Trouver un sens à la vie

Ou bien s’éloigner de la foule

et puis du monde

Je dessine les plans d’une fusée

Un vaisseau spatial armuré

Je fais des tags dessus

Pour se mélanger

Aux débris de la rue

Viens je te mettrai toute nue

Dans les catacombes

De mes basses ombres

Je te laisserai pas perdue ici

Dans ce bordel de microbes

Ou bactéries

Je nous catapulte sur Mars

Ou bien Vénus

On peut aller de l’un à l’autre

Au pire y’en a plein d’autres …

Des planètes

Jusqu’à te ruiner la tête

Tu es ma seule planète

Je veux près de toi

devenir stupide et bête

oublier cette vie

on s’ennuie ici

Le seul visage que je peins

Reste le tiens

Et je me suis mis en retrait

Afin de le voir moins

C’est à force mourir

en ruminant

Des souvenirs ruminés

Comme des espoirs ruinants

Et mon coeur est ruiné

​​

Je danserai en toi

Sur les parties dévoilées

De ton âme sensible

Et les aspects écorchés

De ta parure futile

Je t’en défait et te libère

Je danserai sur ton air colère

Ou meurtri d’être si fière !

Où les mots sont inaccessibles

Et les gestes barrières

Tu peux te brûler les ailes

à te perdre en les cieux

Ou décider d’en mourir aussi !

Sous les lunes aveugles

sur les routes noires

Avancer à l’aveugle

Je suis en doré

C’est en habits lumière partout

et j’ai adoré

Ta salive partout

Je suis échappé des nuits

Pour mieux t’entendre

Encercles moi!

Attaches moi!

Laisses moi en captif inconscient

Je resterai perdu en songes

Dans les abysses du monde

J’ai moi aussi

voyagé sur les sentiers ternis

De vos orgueils aliénés

Et mes espoirs si souvent

détruits

M’ont lacérés le dos

Je manque de mètres de peau !

Je suis tous les enfermés malades

Dans des discours de rêves alarmes

On a tué mon coeur

à coups de fusils

Dans les mots durs et abasourdis

D’un être inquiet ou blafard

Qui depuis est rongé par son cafard

Mais moi

Je te mettrai sur ma monture

Pour te soutenir !

Te hisser en héros

Et je ferai de ton corps blessé

Oui même de ton halo

Un décor orageux

Doré ou vert

Et si tu restes amer

A te tailler la langue de grands cris

En culpabilité que tu fuis

Ne crains plus le gel ou les étoiles

Et si tu perds dans le ciel ton étoile

Je t’en dessinerai d’autres

Et je ne te dirai plus tu mais Votre

En grand supplice admiré de loin

Comme un écueil qui brille en vain  

Et les vagues claquent en marées

pour que ta bouche puisse se marrer

Ou seulement rire

Un sourire esquissé à me punir

Tu es de sang ou de muscles

Si palpable

que ça me brusque

Si vrai que je semble un rien

Un bout du sol sous tes talons

Tu me piétines à chaque non

Ou bien sous les grands râles

Que font tes fantômes

Lorsque tous ils me parlent

Ces mots que tu n’oses me dire

Si tu crois connaître le destin

ou l’avenir

Si la vie est un festin

A te perdre en tes effluves

D’absinthe ou de vin pourpre

Que tu ne vois plus très bien

Les contours de mes mains

Qui viennent cueillir tes larmes

Fond blanc sur noir

Pour dire ce qui est caché