Brèche

Chaque jour est une brèche, le temps ne lui appartient plus.Alité sur l’ardoise de ses dettes, à tenter la fissure, brisant l’aube qui se moque. Reflet en vitre polie par les sables, arrachant le profil qui se tord en tâches, grimaçant la plage étouffée par la mer. Vague qui patiente le saut. Foule d’ombres danseLire la suite « Brèche »

Temps

Visage halé par la nuit, ombre la peau de plis, de creux auréoles autour des yeux. Une larme agresse la paupière qui se débat d’un cil chance. Il ne veut plus de vœux, laissant les souhaits à un monde qui l’avale. Englouti d’une terre qu’il a déjà perdu.Gestes rêches comme tissus griffent l’intime. Il se plieLire la suite « Temps »

Lune

Les bras étirés en horizons, un souffle qui souffre d’un dernier là, une note signée garçon. Spirale d’esprit où glisse l’aiguille qui se plie, de gagner une heure. Invisible au coeur détaché, un rire rose déferlante, d’une dent nacre s’effrite. Une ride craque et le temps se déchire. Lèvres fendues embrassent la poussière qui danseLire la suite « Lune »

L’absente

Le dos jeté en arrière. Comme s’ouvrent les ailes d’un cyclone fou.Sa peau a touché le feu de la terre, guettant le bruit qui patientait de cogner le cou.Elle n’a plus pensé à la mer, vague pays qui lui manquait, brisant le corps d’un air fier, éprise d’une proie que l’on ne peut libérer. LaLire la suite « L’absente »

Asile

Une larme pluie coule des nuages asiles. Le soleil est au nord, kidnappé. La vie jaillit du sang qui s’évade des plaies. Des gouttes tachent la robe argent parée d’un souffle, creuse les fils blancs.Elle aspire le silence abysse, voutée par l’amour qui ne la comprends pas. Un pas pour défier le vide, fermant lesLire la suite « Asile »

Zéro

° Assiégé de vagues tel un matelotLe regard au large, l’esprit au cap zéroLe mat qui se lève imite la force du poingLe coeur de grève irriguant chacune des mainsLa rébellion solaire qui tape les manillesAbreuve d’un air fier mes sèches narinesL’âme s’habille de dentelles salées La peau saigne des embruns qui me frappentJe tiensLire la suite « Zéro »

Phare

* Marins en vieille marineLes mains à gifler le videIls boivent à se gonfler la panseS’enlacent et songent à quitter la France Ils rejettent leurs rages en hérosD’autres abjects vous jurent des rotsD’un râle ils s’éteignent dans les bas-fonds bistrotsL’air tristement fier d’une ardoise endettée Des poètes, des auteurs, des étrangersDes accents aigus en virgulesLire la suite « Phare »

Horla

* Pétrifié dans la chambre à chercher le HorlaLe corps alourdi d’un songe trouble et amerJ’essaie de taire les épaisses paupièresUne flamme s’élève en seule lumièreLe voile se déchire et s’en va Le coeur voûté, courbé à enlacer la terreJ’invoque l’esprit d’une âme guerrièreCherchant des bras amis pour me chérirFuyant la nuit qui ne dortLire la suite « Horla »