Elle est venue dans un silenceComme la nuit nous enlaceUn rêve qui prédit l’absenceUne nuit qui ne s’éveille pasLa silhouette de ses hanchesProjetée sur les voiles volantsAux carreaux battus par le ventDans un sursaut, m’a secoué Elle est venue dans un silenceComme si l’absence avait un goûtUne saveur amère et denseSentir la pâleur de sonLire la suite « Silence »
Archives de la catégorie : Poésies des profondeurs
Sofa
. Tiraillé par un mal qui me rongeLe corps noirci, la peau qui le démangeLes enfants me répètent « il faut que tu manges »Par la fenêtre,je vois s’enfuir la vie Je sais il est l’heure,déjà le chat témoigne le passageUn fantôme ondulant le paysageMon ainée chuchote qu’elle sent venir la finCroyant, que presque mort,je n’entende quasimentLire la suite « Sofa »
Babel
Il se fait rare les nuits où l’on éprouve la paixSous les arbres fruitiers vos yeux en humide regretJ’ai parcouru des routes sèches où seule l’âme brilleEspérant vos murmures en invisible guide A vos jupons, où je m’éteins dans un immortel souffleJe lance quelques jurons à la terre où le corps s’engouffreLes râles qui remplacentLire la suite « Babel »
Soleil Argent
SOLEIL ARGENT L’une timide, l’autre canailleIls grandissent en arbres francs mais timidesDans ce monde En champs de batailles**Il lui dit « Petite, dans cette vie, y’a rien qui vaille »Elle répond, « Je veux y croire encore, même lorsque les arbres seront tous morts, que les bambous seront tous nus, qu’il ne restera que nous pour habiter lesLire la suite « Soleil Argent »
Corbeau
* * Une vie, du corps s’éloigneUne autre lentement atterritL’âme, au sol se cramponneMais il paraît que « c’est ça la vie » Les fleurs sont arrachées pour des bouquetsOrnants les tables endeuillées où des napperons blancsservent de mouchoirsPour les femmes dont les joues trempéessont fardées de noir Un être s’est éloignéComme on quitte un rivage àLire la suite « Corbeau »
Réveil
Eveil en sursaut dans un matin anthraciteIl s’élève avec les oiseaux revenus des criquesAccroché aux hublots pour mieux se dresserSavourant d’un grand bâillement les cils encore collés Je t’embrasseDans une minute que l’on voudrait des heuresJe t’enlacePrès d’un chant de sirène en souvenirLes goélands tiraillent l’aube pour mieux s’enfuirLes épaules qu’il déploie se hissent telLire la suite « Réveil »
Anima
* L’âme s’en est alléeVisiter d’autres mondesLes contrées éloignéesLes anges dansent en rondesLes cieux sont devenus le sol La terre est un souvenir lointain « Là où je vais, je vous verrai tousVers vous, un nuage déjà me pousse » L’âme admire, les êtres en sanglotsC’est beau, presque tropElle songe au manque secondaire« Après tout ça me fera prendreLire la suite « Anima »
L’oiseau
Le grand sage aux oiseaux Le sage pense détenir des véritésDans une plume bien aiguiséeMais l’oiseau le guide« Si me plumer t’offre le verbe,tu n’en restes pas moins le vide » La parole nait des vapeursLorsque les sanglots volent en nuagesLa brume prend tout le corps,« C’est comme un grand voyage » Le grand sage sait écrireMais le vieuxLire la suite « L’oiseau »
Sagesse
Le grand sage aux oiseauxUn être différentCertains le trouvent laid, d’autres le trouvent beauSur ses larges épaules, se déposent des goélands Des ailes repliées lui prédisent l’avenirLe temps qu’il fait, celui à venirEt les corbeaux lui font la courIl les chahute, après eux il court Le grand sage aux oiseauxSur son corps, des plumes brunesLire la suite « Sagesse »
Kali
Le vent s’empare d’elleElle s’élance dans les vagues déchaînéesLa sueur se mêle à la merPour son visage, l’assiéger.La nuit a duré ce jourPour faire de l’ombre au soleilLa lune a pris tout l’espaceEt le sable est en grandes traces.Le vent fait valser l’écumeComme des danseuses blanchesLa crique est couverte de brumeEt dans les eaux, elleLire la suite « Kali »
